… là n’est pas la question ;-) Même si, pour apprendre, les questionnaires en ligne ne sont pas la panacée, selon un article récent de l’Atelier. L’occasion rêvée de revenir sur certaines idées reçues et de proposer quelques ressources pour la conception de quiz en ligne.

Cet article résume brièvement les conclusions d’une étude universitaire (à paraître), selon laquelle :

les résultats pédagogiques des quizz sur Internet sont loin de justifier l’engouement des formateurs pour ce mode d’enseignement.

Je ferais remarquer tout d’abord qu’on ne peut pas réduire les questionnaires en ligne aux quiz… L’éventail est tout de même un peu plus large. Mais il faut reconnaître qu’ils font une cible de choix…

Faut-il pour autant s’en priver ? Je ne le pense pas, si leur utilisation est bien ciblée.  Voici quelques raisons, parmi d’autres :

  • Il peut être économique. Le temps passé à le concevoir est compensé par la correction automatique. Ben oui, l’ingénierie de la formation à distance, c’est une recherche permanente d’un équilibre entre efficacité pédagogique et maîtrise des coûts…
  • On peut toujours avoir besoin d’évaluer des connaissances. Pensons à l’apprentissage de consignes de sécurité ou au Code de la route, comme le rappelait avec justesse Jérôme Hidalgo. A-t-on vraiment besoin d’une étude de cas là ?
  • Il n’est pas limité à la mémorisation des connaissances. Il peut aussi mesurer la compréhension d’un concept.
  • Rien n’oblige à le cantonner aux activités d’évaluation. Le schéma blah blah blah + quiz (en) est-il une fatalité ?. Le quiz  peut intervenir dès le début d’un module pour interpeler l’apprenant, l’aider à construire du sens.
  • Il peut être enrichi par des supports multimédias pour des activités très motivantes. Il est devenu facile de lui adjoindre des illustrations, un document vidéo…
  • Il peut s’intégrer dans une activité de haut niveau cognitif. Voir cette étude de cas (en) à l’issue de laquelle il est demandé de prendre la bonne décision.
  • C’est une ressource parmi d’autres. Votre formation ne sera pas à jamais marquée du sceau behavioriste. Ouf ;-) J’ai vu des quiz très bien intégrés à certaines étapes d’une formation à dominante socio-constructiviste.
  • Les apprenants apprécient ce type d’activités !

Comme le fait remarquer Philippe Lacroix, interrogé par L’Atelier, ce n’est donc pas le quiz en soi qui est remis en cause, mais la qualité de sa conception. La collaboration qu’il recommande entre expert du contenu et concepteur pédagogique est effectivement une solution, même si elle est loin de correspondre à toutes les situations qu’on peut rencontrer en formation à distance. Je pense notamment aux formateurs qui portent la double casquette de concepteur-tuteur, à la fois experts dans leur domaine et pédagogues de métier. Les enseignants ne sont pas toujours très à l’aise avec la conception de quiz, c’est du moins ce que j’ai pu constater. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire…

On trouve encore assez peu de choses sur la toile francophone mais voici tout de même quelques ressources qui peuvent être utiles :

  • Dossier TICE et QCM du Greco (PDF) : vous y trouverez un excellent résumé des différents types de QCM et des conseils pour leur conception. Il propose également un comparatif de logiciels mais ils datent un peu.
  • Construire un exerciseur pour l’apprentissage : ce dossier de Profetic fait bien le tour des avantages et des limites de ce type d’activité. Vous y trouverez aussi un exemple de démarche pour leur production.
  • Atouts, limites & exploitations potentielles du choix fourni (lien de téléchargement au bas de la page): ce mémoire de DEA s’applique à l’apprentissage des langues. Néanmoins, la thèse qu’il défend me semble tout à fait transférable dans d’autres domaines. Voir en particulier le chapitre 2 du Cadre théorique.

N’hésitez pas à partager votre expérience et d’autres ressources que vous aurez pu trouver.

Et pour finir ce billet dans la bonne humeur, je vous propose un cas pratique ;-)  Voici un quiz extrait d’un module destiné aux arbitres de football (désolé pour l’anglais mais c’est le meilleur exemple que j’ai sous la main ce soir…). Quelles maladresses auraient pu être évitées dans la conception de ce quiz ?

exemple_quiz-300x179 To quiz or not to quiz...

(Cliquez sur l’image pour l’agrandir)

A vos commentaires ;-)

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4 réponses à “To quiz or not to quiz…”

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  1. Social comments and analytics for this post…

    This post was mentioned on Twitter by swattier: [Blog] To quiz or not to quiz… http://bit.ly/b46OsO #elearning…

Comments
  1. Bonjour Stéphane,

    Je me permets de reproduire ici le commentaire que j’ai laissé sur le site de l’Atelier

    ____________________

    Vous souhaitez évaluer les connaissances de vos apprenants en recourant au quizz… Et bien plutôt que de leur soumettre des quizz, faites leur en concevoir.

    Ceci constitue une activité cognitive de bien plus haut niveau que la simple mémorisation, seule nécessaire pour répondre aux quizz.

    Un conseil, soyez-vous même à l’aise avec les principes de construction des quizz tels que formuler des propositions claires et non polysémiques, proposer des distracteurs crédibles, limiter le rôle du hasard par l’adoption d’un barême de points adéquat…

    Cordialement,
    Jacques Rodet

  2. Stéphane,

    Quelques commentaires également à ton billet dont j’ai apprécié la documentation.

    “Il peut être économique” oui mais pas forcément plus économique que d’autres méthodes d’évaluation. D’autre part, plus il sera sophistiqué, plus il aura demandé de temps de conception et de réalisation et moins il sera économique… Tout cela dépend bien évidemment du nombre d’apprenants à évaluer à partir de la même ressource.

    “Il peut aussi mesurer la compréhension d’un concept” : je ne suis pas persuadé que la compréhension se mesure, elle s’apprécie, mais il est certain que le quiz s’est mesurer…

    Je suis OK avec toi sur les usages à imaginer des quiz mais tu m’accorderas que ces principaux utilisateurs les emploient de manière bien plate et systématique.

    “Les apprenants apprécient ce type d’activité” : certains en subissent aussi les abus comme les étudiants de 1ère année de médecine qui se voient sélectionnés sur la seule base des quiz renommés “colles”.

    Je suis OK que beaucoup de tuteurs tout comme beaucoup de concepteurs ont une mauvaise maîtrise des principes de conception des quiz et qu’il faut les former.

    Une autre limite que je trouve aux quiz… Ils permettent de se satisfaire de la délivrance d’une note ou d’un retour de quelques mots là où il serait pertinent que les apprenants bénéficient d’une véritable rétroaction participative de leur apprentissage cf. http://cqfd.teluq.uquebec.ca/distances/D4_2_d.pdf En quelque sorte ils permettent aux formateurs et tuteurs de se débarrasser de leur rôle d’évaluateurs, ce qui n’est pas le meilleur service à rendre aux apprenants.

    Cordialement,
    Jacques Rodet

  3. Bonjour Jacques et merci pour ton commentaire, très intéressant.

    Entre apprécier et mesurer la compréhension, il y effectivement un abîme et tu as raison de le signaler ;-)

    Si je ne pouvais retenir qu’une seule des raisons que j’ai proposées, ce serait que le quiz est une ressource parmi d’autres, qui a un rôle à jouer dans certains scénarios (impossible de généraliser). Je trouve l’exemple du code de la route assez emblématique. Il évalue bien ce qu’il doit évaluer. L’évaluation de la compétence du conducteur, elle, revient au formateur. Il n’est pas d’actualité qu’il l’abandonne. On peut même aller plus loin en disant que l’évaluation se poursuit au-delà de la formation. C’est le cas en particulier des compétences professionnelles.

    De même, un quiz peut servir une activité d’apprentissage. Pourquoi le limiter à l’évaluation ? Dans l’apprentissage d’une langue par exemple, la présentation d’un corpus accompagnée d’un quiz bien conçu (les distracteurs proposeront une réponse partiellement correcte, les feedbacks donneront des indices) amène efficacement à la compréhension d’une règle selon une méthode inductive. L’analyse des traces permettra au tuteur de juger si une remédiation s’impose. Quant à l’évaluation, elle sera réalisée en contexte, par une production évaluée par le formateur. L’intérêt du quiz ici est qu’il permet d’éviter une méthode trop transmissive (l’apprenant est actif), qu’il libère du temps de formateur (en automatisant ce qui peut l’être) pour le reporter sur des tâches plus complexes. On pourra sans peine trouver des exemples similaires dans d’autres domaines de formation.

    Ce qui discrédite le quiz, c’est qu’on en limite trop l’usage (en qualité, pas en nombre hélas..), qu’il est souvent mal conçu et quand il prétend évaluer ce qu’il ne peut pas évaluer. Comment pourrait-on noter une compétence professionnelle ?

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