L’efficacité du screencasting pour l’apprentissage d’un logiciel est déjà bien connue et la variété des outils disponibles contribue à démocratiser ce type de ressource d’apprentissage. Mais il peut répondre à bien d’autres besoins en e-learning et à différents moments du cycle que constitue une formation en ligne.

Pour rappel, un screencast est l’enregistrement ou la capture vidéo d’un écran d’ordinateur. Il permet à un apprenant de visionner les actions réalisées et commentées par un formateur.

Très intéressé par le screencasting sous toutes ses facettes, j’ai souhaité partager avec vous cette petite collection - bien incomplète - des différents usages que l’on peut développer pour le e-learning.

1. L’apprentissage d’un logiciel
C’est l’usage le plus courant et il dépasse largement le cadre de la bureautique., comme on peut le constater sur un site comme Weecast.  Pour mesurer l’efficacité d’un tutoriel vidéo, il suffit d’essayer d’apprendre le maniement de Photoshop avec un mode d’emploi écrit… Toutefois, ce n’est jamais qu’une démonstration de procédures ou d’un savoir-faire. Une excellente ressource assurément, mais pas une formation en soi. Voir l’exemple : “incorporer un powerpoint dans Captivate”.

2. Trucs et astuces
Moins formel que le précédent, ce type de tutoriel s’adresse plutôt aux utilisateurs déjà expérimentés. Son intention est avant tout de leur faciliter la tâche ou de les inspirer. Voir cet exemple destiné aux utilisateurs de Camtasia Studio (en)

3. Support suite à une formation en présentiel
Vous avez suivi une formation de 3 jours sur Moodle. Vous mettez votre premier cours en ligne disons un mois après… Mais comment on fait déjà ? Un accès à des tutoriels en ligne rappelant les procédures de base, sous forme de FAQ par exemple, respecterait davantage le rythme de l’apprentissage, qui est un processus continu et non un événement limité dans le temps.

4. Support entre collègues
Variante ou complément du précédent, les stagiaires disposent d’un espace en ligne qui leur permet de résoudre des problèmes ensemble. Il s’agit ici de réaliser rapidement (c’est-à-dire pas plus qu’il n’en faut pour rédiger un message) des tutoriels informels pour venir en aide à un collègue. Des solutions en ligne comme ScreenToaster suffisent amplement.

5. Support à la performance
Les tutoriels vidéo sont consultables dans l’application logicielle ou on peut du moins les retrouver en ligne depuis le menu “Aide”. L’outil Camtasia studio par exemple dispose d’un tel “Centre de formation”. La formation ici n’est plus du tout séparée du travail. On consulte en cas de besoin et on applique aussitôt.

6. L’apprentissage d’un langage de programmation
Le screencasting n’est pas réservé au seul apprentissage des logiciels. Il peut rendre un cours sur les CSS plus vivant grâce à la voix du formateur et aux illustrations. Voir cet exemple : “menu déroulant sans Javascript”.

7. Réalisation d’un powerpoint enrichi
Le formateur enregistre à l’écran son diaporama synchronisé avec sa présentation orale. Il dispose à la fois des fonctionnalités de powerpoint pour la création de son diaporama et des outils d’annotation du logiciel de screencasting. Utile pour diffuser l’introduction d’un cours, de concepts importants.. ou la recette d’un bon tuto vidéo justement ;-)

8. Visite guidée d’un dispositif de formation à distance
Sans entrer dans tous les détails, une vidéo de quelques minutes peut guider le nouvel arrivant sur une plateforme ou tout autre dispositif : présentation de l’interface, où trouver les ressources, contacter le support technique, etc. Voir cet exemple pour un cours d’anglais en ligne (en).

9. Guide utilisateur
De courts tutoriels expliquent les fonctionnalités de la plateforme pour permettre à l’apprenant de l’exploiter au mieux. Voir par exemple ce Moodle for learners. L’introduction d’une nouvelle fonctionnalité peut également faire l’objet d’une vidéo diffusée à tous les utilisateurs.

10. Support technique
Les problèmes techniques rencontrés par l’apprenant peuvent être difficiles à résoudre par écrit. Les vidéos d’explication sont capitalisables dans une FAQ accessible à tout moment. Les points 8, 9 et 10 peuvent réduire considérablement le nombre de sollicitations par mail.

11. Recette utilisateurs
Tout dispositif e-learning se doit d’être testé par un panel d’utilisateurs. Le screencasting a sa place dans la batterie de tests. Enregistrer les activités à l’écran est un bon moyen de vérifier l’ergonomie de votre interface et de rapporter les bugs.

12. Marketing d’une formation à distance
Ce type de screencast est un genre à part entière. Son objectif cette fois est de vendre votre formation. Le format court et percutant doit dire en quoi votre cours en ligne répondra aux besoins du public que vous ciblez. Sa diffusion peut être très large, sur des sites comme Dailymotion, Youtube,… Même si cet exemple (en) ne concerne pas le e-learning, il peut donner une idée de ce genre de screencast.

13. Feedback aux travaux des apprenants
J’ai déjà traité ce point dans un billet sur ScreenToaster où je suggérais l’idée de commenter certains travaux d’apprenants à l’aide d’une vidéo. Cela a déjà été testé avec succès pour l’apprentissage des langues. Voir également le reportage que France 2 a consacré à ce procédé : Correction des copies sur internet

14. Dans les mains des apprenants
Les apprenants peuvent réaliser eux-mêmes des screencasts bien entendu ! De la présentation d’un projet à la réalisation d’un tutoriel, les opportunités sont nombreuses et mériteraient tout un billet. Voir cet exemple où des enfants font une démonstration en mathématiques (en).

Comme on le voit, ces screencasts relèvent de stratégies fort différentes.  De plus, la réalisation des uns exigera des outils sophistiqués, d’autres auront besoin au contraire d’applications rapides à prendre en main  et qui permettent une diffusion immédiate comme ScreenToaster ou Screenr. Mais la variété des solutions disponibles sur le marché (en) permet de répondre aux différents besoins.

Avez-vous d’autres idées à nous proposer ? D’autres exemples ? J’aimerais beaucoup que vous m’aidiez à compléter la collection ;-)

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17 réponses à “Quels usages du screencasting pour la formation”
  1. Cet article me renvoie à une idée qui me trotte dans la tête depuis quelques temps déjà :

    Utiliser le ScreenCasting, non pas pour créer/diffuser un tutoriel, mais pour enregistrer la pratique d’un apprenant afin de pouvoir la décortiquer et la commenter ultérieurement.

    Il s’agit, non pas d’espionner, mais bien de pouvoir réfléchir a posteriori, en collaboration avec l’apprenant à la façon dont il utilise les outils.

    En complément, j’ai découvert depuis peu l’existence de logiciels (ManicTime par exemple) qui enregistrent l’activité d’un PC en identifiant l’outil, le moment, la durée d’utilisation.

    En combinant le ScreenCasting et les données fournies par ces outils, il doit y avoir moyen de réfléchir sur la manière d’utiliser l’outil informatique et sur son influence dans notre organisation quotidienne, bref d’Apprendre à Apprendre !

  2. Bonjour Gaël,

    merci pour ton commentaire. Excellente idée en effet ! N’hésite pas à nous tenir au courant de tes expérimentations et à nous montrer des exemples si tu le veux bien. Je m’interroge en revanche sur l’outil que tu cites. Est-il vraiment approprié au but que tu poursuis ? Et peut-on encore parler de screencasting dans ce cas ?

    Bien à toi,

  3. En réponse à ton interrogation sur la pertinence des outils, il ne faut pas confondre l’outil de ScreenCasting et l’outil statistique d’enregistrement des temps d’activité de l’utilisateur.

    Ce dernier outil est une opportunité d’attirer l’attention d’un apprenant sur la façon dont il gère son temps dans le cadre de l’utilisation de ses outils informatiques.
    Cette approche est complémentaire du ScreenCasting.

  4. Bonjour Stéphane Gaẽl,

    Mon ancienne prof directrice (Chantal Charnet) du master elearning que je suivais, était très friande de cette utilisation de la vidéo décrite par Gaël. Elle traitait de cet usage dans le cadre de l’éthnographie de la communication, pour analyser les pratiques pédagogiques de la FOAD et les usages éducatifs de l’Internet. En effet, c’est assez pratique pour par exemple améliorer l’ergonomie d’un logiciel, améliorer un dispositif de formation, etc. Cela peut mettre par exemple en évidence des aspects qui ne ressortiraient pas à travers des questionnaires ouverts et fermés. Mais c’est ce que tu soulignes avec le point 11. Aussi on pourrait rajouter marketing d’un logiciel ?

    Et merci Stéphane pour cet excellent article une fois de plus ;)

    à ++

    Ghis

  5. On peut aussi envisager d’utiliser le screencasting pour favoriser la réflexivité de celui qui apprend. Reprendre avec lui sa trajectoire d’apprentissage, d’activité, c’est un plus dans la maîtrise de ce que l’on apprend. En 1995 nous avions mis en place, mais techniquement plus modestement, ce type d’outil pour permettre à l’enseignant de s’intéresser au processus de production (pédagogie de projet) et pas seulement au résultat (d’une étude de cas, d’un projet de production écrite) en retravaillant avec l’élève (l’étudiant…) ou le groupe les phases par lesquelles ils sont passés et les difficultés rencontrées. Cette pratique pédagogique est très productive dans le cadre du développement de projets collaboratifs pour aider à apprendre

    Bruno Devauchelle

  6. Merci Bruno d’avoir exprimé en termes plus pédagogique, ma pensée initiale.
    J’y vois plus clair dans la manière de l’implémenter et de l’exploiter.

  7. Merci pour ces contributions qui me permettent de toute évidence d’ajouter un point 15 : “screencasting et métacognition”. C’est un usage assez nouveau pour moi et je trouve l’idée intéressante à creuser. Penser à des scénarios possibles en formation à distance…

    Voyez-vous d’autres usages encore ? Je suis preneur !

  8. @ Jérôme : merci pour cette liste d’outils. En fait dans ce billet on parle plutôt d’usages, mais ton lien sera utile pour ceux qui veulent se lancer dans le screencasting. A ce propos, est-ce que tu connais des comparatifs de solution ? Je vais traiter de la question des outils dans un prochain billet ;-)

  9. Concernant le choix des outils, j’anticipe sur ton prochain billet, il faut se méfier.

    Il y a quelques temps, j’ai fait quelques tests.
    Certains outils, comme CamStudio ou ScreenToaster ou bien encore uVNC, provoquent des scintillements à l’écran, le curseur semble clignoter, c’est assez désagréable.

    J’ai finalement choisi uTIPu TipCam, qui une fois lancé est transparent pour l’utilisateur.

  10. @ Gael : tu fais bien d’anticiper ;-) Je note l’outil que tu as choisi, qui semble effectivement intéressant. Concernant ScreenToaster, je n’ai pas eu ce problème de scintillement au cours de mes tests.

  11. [...] premier, de Stéphane Wattier, s’intitule “Quels usages du screencasting pour la formation“, et passe en revue diverses applications [...]

  12. J’utilise CamStudio et je n’ai aucun problème avec une fois bien paramétré. Ca n’a rien à voir avec Camtasia qui me faisait tout le temps planter le pilote de la carte graphique en voulant prendre la main. L’un des logiciels que j’ai le plus détesté à utiliser, et cher en plus!

    Le danger du screencasting, c’est la lassitude. Si on ne revisionne pas plusieurs pas sa formation, on ne se rend pas compte de la longueur, et les élèves risquent de vite décrocher et de se connecter à leur facebook pour voir les photos de la dernière soirée…

  13. @ Thomas : la lassitude, c’est un peu le risque de toute formation, vous ne croyez pas ? Est-ce vraiment spécifique au screencasting ?

  14. Tout à fait. Le problème du screencast, c’est que l’auditorium n’est pas présent au moment de l’enregistrement (en général), on ne sait donc pas si les élèves s’endorment, alors que dans une classe physique, ça saute tout de suite aux yeux et on peut accélérer, ralentir, détailler, répéter.

    Donc en screencasting et encore plus qu’ailleurs il faut être très vigilant à ça.

  15. Le screencasting peut être mis à profit dès lors qu’il s’agit d’enseigner à autrui *par l’exemple*, sur ordinateur. C’est de plus en plus à la mode, peut-être aussi parce que, en plus du support visuel, l’audio qui l’accompagne généralement a cette tendance bien naturelle à se révéler plus chaleureux que le texte.

    Un des points faibles du screencasting est à mon avis que, comme on est tributaire du déroulement de la vidéo (il est moins facile d’avancer, “feuilleter” ou retrouver un passage dans une vidéo que dans un texte), on peut facilement être frustré par sa lenteur ou la difficulté à retrouver le passage qui nous intéressait… Une solution à cela, qui se développe, consiste à placer des miniatures chronométrées sous la vidéo, afin de pouvoir sauter à une partie qui nous intéresse.

  16. @Anglais en Ligne : oui, vous avez raison de souligner ce risque. Une autre solution intéressante - et déjà disponible - consiste à diviser une vidéo en parties plus courtes (correspondant chacune à une étape de la procédure) et de la publier avec un sommaire que l’utilisateur pourra consulter à sa guise. De façon générale, je déconseillerais de faire des vidéos trop longues. Pour l’apprentissage d’un logiciel, une durée de 5 à 6 minutes pour chaque vidéo me semble convenable.

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