On savait la plateforme Moodle en pleine expansion. Le blog MinuteBio nous le confirme par les chiffres. C’est l’occasion de faire un rapide comparatif avec d’autres solutions disponibles sur le marché…
Voici donc les chiffres officiels :
- Sites enregistrés : 56715
- Nombre de pays : 210
- Cours : 3047685
- Utilisateurs : 32815756
Relayant ce billet de MinuteBio, Janet Clarey du Brandon Hall Research, a eu la bonne idée de comparer ces chiffres avec d’autres plateformes répandues. Par exemple Saba compte 17 millions d’utilisateurs dans 53 pays. On ne connaît pas en revanche le nombre de sites.
Le nombre d’utilisateurs est toujours un indicateur intéressant pour le choix d’une plateforme, même s’il est loin d’être le seul bien entendu
Pour mémoire, ce comparatif de 4 LMS open source (Moodle, Sakai, Ganesha, Claroline) propose une série de critères que je trouve très pertinents : Etude comparative de plateformes de formation à distance (PDF)
A consulter sur le même thème :
- Comment Moodle peut changer votre établissement
- Vers Moodle 2.0
- Rendez-vous hebdomadaire sur les plateformes de formation
- Saviez-vous que Moodle 2.0…


Je suis un “ancien” de Claroline. J’ai participé à sa première phase d’expansion
Je tiens à mettre en avant des éléments pour s’adapter aux chiffres repris dans la comparaison.
Claroline se développait en suivant une série de préceptes que nous nous étions fixés.
1° La simplicité. Une des raisons même de la création de claroline était l’incroyable “minimum” requis pour créer un cours avec le mastodonte “WebCT”
2° “Que va-t-on retirer ?” : question récurrente et choquante. On se demandait “que peut-on retirer à Claroline qui n’empêchera pas de l’utiliser comme avant ? être “générique” et non “exhaustif”.
3° garder son identité. moodle est “germanique” et claroline est latin. Ca s’est toujours ressenti. Un des grand défi était de toujours résister à l’envie d’aller prendre l’idée du voisin en espérant répondre à de nouveaux besoin. Hors c’est la pire chose qui arrive dans un projet : la course écervelée à voir être “le premier”. Trop de projet font la course pour être le meilleur choix. Une ambition de Claroline (et c’était vraiment difficile) était du suivre uniquement les besoins des nos vrais utilisateurs. Et de trouver une solution avec l’existant quitte à le rendre plus générique. Ce fut diffile au point qu’il eu fallu accepter que tous les utilisateurs ne comprennait pas que si claroline à un fort taux d’acceptation là où il est utilisé c’est parce qu’on était simple et pas parce qu’on répondait à tous les caprices.
Recourir aux modules fut l’entorse pour “laisser le temps” aux gestionnaires d’apprendre par eux même que la solution ce n’est pas de répondre à toutes les demandes de leur parc utilisateur par des outils pensés pour leurs besoins mais de toujours rendre plus génériques les outils et d’avoir un service qui a le recul pour dire ‘mais vous pouvez déjà le faire”.
4° Claroline n’est qu’un outil. rien qu’un outil. Si votre enseignement ne marche pas, ne reportez pas la faute sur l’outil.
Plus l’outil est complexe plus l’enseignant y trouvera les origines des échecs de ses enseignements, et tardera d’autant plus à se remettre lui-même en question. Pire, une fois un outil trop complexe maîtrisé, l’enseignant peut se croire “e-prof” alors qu’il juste “bon utilisateur”. L’eLearning a cet “inconvénient” d’être encore moins indulgent que les pratiques classiques sur les failles d’un enseignement.
Une erreur en eLearning pardonne moins qu’un espace confiné d’apprentissage traditionnel. C’est “inconvénient” force à remettre l’enseignant en question.
Je reprend les points négatifs de l’analyse pour exemple.
“Groupes : le dossier documents et liens du groupe a peu de capacité de stockage (7 Mo), …
Hormis le fait que tout ceci est paramétrable, s’il en faut plus pour un groupe… on recrée un espace de travail. Un espace de travail c’est ce qui s’appelle par défaut “un cours” sur la plateforme. Mais rien n’oblige (sauf sur les claroline géré par des paranos constipés et despotes) à ce que ça soit un cours. N’importe qui devrait avoir le droit de créer un espace de travail.
« Chat » ou messagerie instantanée : l’outil n’est pas très ergonomique mais on peut maintenant grâce
aux modules changer l’outil et mettre celui de son choix.
C’est un choix…. le chat n’est pas un outil adapté au web. L’outil proposé par défaut était là comme “roue de secours”. Assez rudimentaire et sobre pour qu’il ne soit utilisé que pour rapidement fixer un problème.
Des expériences ont été réalisées avec des outils plus avancés pour des occasions particulières pour faire ce choix.
Maintenant avec les modules, des outils de “discussion” ont été parmi les premiers à être proposés, conscients que des cas “particuliers” pouvait être fréquemment rencontré.
“Les espaces de travail restent cloisonnés, un gestionnaire d’espace ne peut pas copier les informations
qu’il a créées dans un autre espace (planning, annonces, pages html).”
Aïe, rien à répondre si ce n’est que la solution existe sur papier depuis 2003!!!
“Peu d’outils Synchrones, seulement l’outil « Discussion », une fonctionnalité comme un tableau blanc ou
un outil de visio-conférence serait complémentaire.”
Claroline étant principalement comme outil complémentaire et non de substitution, les besoins “synchrone” trouvaient souvent une réponse plus adéquate “hors de Claroline”.
“Le SCORM n’est pas complètement interprété par la plateforme, certains packages produits par des
chaînes éditoriales comme Scenari2 par exemple ne fonctionnent pas sous Claroline.”
SCORM c’est de la farce commerciale et je n’ai pas rencontré beaucoup de “professeurs” qui y portaient un intérêt concret.
Le SCORM c’est pour les “formations” pas pour le public initial de claroline. Voir le 3° point ci-dessus.
“Interface ergonomique des parcours pédagogiques à améliorer … trop d’écrans pour atteindre le contenu.
Si la ressource a beaucoup d’items, il n’y a pas de menu dynamique, cela fait beaucoup de « scrolls » et
de clics pour suivre le parcours.”
La réponse sur SCORM est une partie de réponse. En fait l’équipe initiale n’y croyait pas trop. L’histoire et le temps a démontré qu’on se trompait. Quand le sang neuf est arrivé, il y avait un mélange entre la réponse utile à un besoin réelle et ce SCORM clairement “à la mode” et du temps à été perdu à tirer tout ceci au clair. J’ai quitté l’aventure et je n’ai plus suivi le projet dans ses choix suivants.
Disclaimer ; c’est mon avis et les grands savant universitaires diront que ce sont les propos d’un informaticien “non universitaire”
Et mon récit concerne le Claroline de 2001-2007.
Mondieu j’ai écrit tout ca ?
eh oui tout cela
et vous avez bien fait car c’est une chance de pouvoir profiter de vos feedbacks, vu que vous avez vécu l’aventure de Claroline de l’intérieur.
la plus grande “frustration” de la philosophie c’est ce coté, “on peut pas vous le montrer mais croyez nous”.
“faire mieux avec moins, ca vide la liste fonctionnalités, surtout quand claroline est dans un comparatif” parce que les comparatifs comparent trop souvent les outils proposés, et non la façon dont l’application réponds à une liste des besoins rencontrés.
D’autres aspects tels que “avoir une plateforme a faible coût. Ce qui a fait de claroline une des plateforme préférées des pays en voie de développement.
Son interface volontairement pauvre pour aller à l’essentiel, ce qui en a fait une des plus adoptées chez les utilisateurs n’utilisant pas des interfaces classiques (les aveugles par exemples)
Son seuill d’apprentissage qui fait que à l’université où Claroline a été créés, les enseignant discutait entre eux et zou les voilà partis. Grande économie en argent et en “temps” (précieux chez les enseignants universitaire qui on vraiment autre chose à faire). Avec un autre effet de bored : Grand taux de conversion aussi chez plus réticent.
Ca on ne le met pas sur une fiche de présentation, mais dans la pratique quand les cours des profs moins “passionnés”, moins “prédisposés” aux espaces numériques mais qui succombent soit par leur ego face aux collègues, soit par l’envie de découvrir et encouragé par les bons écho de simplicité ou aussi par la pression des étudiants demandeurs. Là on gagne encore un pari. Et ce sont des histoire qui se sont répétées.
Quelle énergie gagnée en les laissant se convaincre tout seuls. Sans avoir recours à la carotte ou au bâton des autorités.
Voilà autant de choses qui nous tenait à coeur mais qui ne se “compare pas”
Un dernier élément caché de la simplicité : L’enseignant universitaire n’a pas forcément appris à enseigner.
Mais grand dieu qu’il est, pas question de le remettre en question sur cette mission. Nous pas, mais l’application bien. claroline est un vrai piège “positif”. mon 4° ci-dessus. Conséquence, les enseignant voyant leur cours en ligne stagner. Voyant que la sauce ne prenait pas venait voir non pas des informaticiens mais des pédagogues pour revoir la méthode et pas l’outil. et au final en améliorant leur enseignement en ligne, leur enseignement traditionnel se voyait aussi progresser.