Modèle de scénario pour une simulation de logiciels
Publié par stéphane wattier dans Design pédagogiqueQuel scénario développer pour favoriser l’apprentissage d’un logiciel ? Quels niveaux d’interactivité adopter ? Dans cet article publié en 2005, Stairway to Expertise - Show me, coach me, test me, let me, congratulate, William Horton propose un modèle de scénario qui peut intéresser un concepteur e-learning.
William Horton montre dans un exemple de didacticiel une division du parcours d’apprentissage en 4 grands niveaux d’interactivité : show me, coach me, test me, let me. A chacun de ces niveaux correspond un onglet de navigation et le principal intérêt est la possibilité laissée à l’apprenant de cheminer librement selon son degré de confiance et ses habitudes d’apprentissage. Par exemple, celui qui préfère expérimenter par lui-même pourra aller directement au niveau “let me”.
Voici plus en détails en quoi consiste chacun de ces niveaux d’interactivité :
SHOW ME
C’est ce que l’on appelle habituellement une démo. L’apprenant se contente de regarder une action simulée à l’écran. Aucune action de sa part. L’interactivité est bien entendu à son minimum. L’auteur propose 3 applications possibles :
- Scénario : montre une tâche authentique en situation de travail en train de s’effectuer avec le logiciel
- Visite guidée : un “tour” qui permet à l’apprenant de s’orienter dans l’interface, de comprendre la signification des différentes icônes, etc. mais sans entrer dans les détails.
- Fonctionnalités : démontre en détails une procédure à suivre pour réaliser une tâche donnée.
COACH ME
L’apprenant suit des instructions pour réaliser une tâche et obtient des feedbacks en fonction de ses actions. Là encore, une liberté de choix est offerte puisqu’il peut :
- essayer de réaliser la tâche sans aucune aide
- demander une aide “partielle” sous la forme d’un indice
- voir une démo de la procédure
Des boutons de navigation permettent à tout moment de demander l’aide dont on a besoin. L’assistance n’est donc pas imposée, mais fournie à la demande de l’apprenant, ce qui est dans la vraie nature du “coaching”.
TEST ME
L’apprenant réalise une tâche aussi authentique que possible, sans aucune assistance, mais toujours dans un environnement de simulation. Le feedback est ici restreint mais une grande importance est accordée à la remédiation (l’apprenant ne doit pas rester sur une erreur).
LET ME
Une tâche est réalisée dans un environnement réel, directement dans le logiciel. Ce n’est plus “automatisable” à ce niveau mais l’apprenant est guidé par 4 étapes qui offrent chacune des ressources spécifiques.
- Préparation > description de la tâche + fichiers de travail
- Réalisation de la tâche > aide contextuelle (rappel d’une procédure par exemple),
- Evaluation > Liste de points à vérifier pour une autoévaluation et/ou exemple de corrigé
- Réflexion > Liste des problèmes fréquents + remédiation + liens vers démos
A la fin de l’article, les différents niveaux d’interactivité possibles sont placés sur cette échelle :
Le modèle reste à adapter bien sûr à chaque contexte. Il convient notamment de définir les différents niveaux d’interactivité en fonction du temps dont on dispose (gare à l’usine à gaz…
), selon le budget, la difficulté du logiciel, etc. Mais c’est un bon cadre de référence je trouve pour aider les concepteurs à effectuer des choix de scénarisation lors de la conception d’un didacticiel.
Qu’en pensez-vous ? J’aimerais beaucoup entendre votre opinion.
William Horton : Stairway to Expertise - Show me, coach me, test me, let me, congratulate
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Mise à jour du 4/10/09
Voir sur le site de William Horton cet exemple de module qui illustre parfaitement ce modèle de scénario.
A consulter sur le même thème :
- Les dix conseils de Kineo pour booster votre e-learning
- Quels usages du screencasting pour la formation ?



Excellent ! Cela semble très simple et très efficace !
La seule chose que l’on peut ajouter à tout ça c’est le ton avec lequel on fait tout ça. Mes meilleurs souvenirs d’apprentissage de logiciel à distance sont les vidéos de Deke McClelland pour le Total Training CS2. L’homme est drôle, décalé, c’est un plaisir de regarder ses vidéos ! Pour avoir un avant goût, rendez-vous sur son site : http://www.deke.com/
Encore un mot sur le sujet pour parler de quelque chose qui n’a à priori rien à voir : les jus de fruits Innocent. Le ton qu’ils utilisent sur leurs emballages est similaire. Une dose d’humour décalé et de proximité avec le client sont la meilleure chose qui sont arrivés aux services marketting… http://www.innocentdrinks.co.uk/
Je suis persuadé que l’on peut être sérieux sans se prendre au sérieux
Merci Stéphane !
Un autre lien pour découvrir Deke : http://www.deke.com/content/the-droplet-song-a-love-song-a-lost-feature-photoshop
15ème degrès !
L’humour au 15è degré, je suis toujours partant ! Le second degré me suffit d’ailleurs, je suis bon public
Ce que Deke publie chez O’reilly m’a l’air toutefois moins déjanté… Ah le marketing tout de même !
Bonjour,
J’ai parcouru avec intérêt cette approche de la formation asynchrone sur logiciel. C’est un bon canevas !