Votre dispositif de formation à distance est-il assez ouvert ? Favorise-t-il l’individualisation des apprentissages ? Sur son blog e-difor, Jacques Cartier nous invite à redécouvrir une grille, baptisée “GENIP”, réalisée par des chercheurs canadiens pour évaluer le degré d’ouverture d’un dispositif de formation.

Pour mémoire, selon une conférence de consensus (PDF) qui a réuni des spécialistes en avril dernier, une formation individualisée, c’est :

  • Une formation qui reconnaît et prend en compte la singularité du sujet: ses besoins, son parcours, son expérience, ses acquis, ses contraintes, ses ressources, ses capacités d’autodirection, ses stratégies;
  • Une formation qui prend en compte la dimension sociale des apprentissages dans une perspective autonomisante et de construction identitaire;
  • Une formation co-construite, négociée entre les parties prenantes qui concrétise l’interaction entre un projet de formation institué et des projets de formation individuels. Cette formation co-construite a un impact sur le rôle des acteurs et sur l’organisation, elle est régulée et évolue au cours du temps.

J’ai repensé à cette définition en parcourant la “Grille d’Evaluation et d’Individualisation des Programmes”(1988) que Jacques Cartier a eu la bonne idée de reproduire dans son billet “Evaluer l’ouverture d’un dispositif”.

Cette grille qui semble plutôt exhaustive et bien conçue permet en effet d’identifier rapidement des points critiques et d’inviter à réfléchir sur les moyens à développer pour améliorer la qualité d’un dispositif.

Mais, à mon avis, elle ne peut être vraiment efficace que si l’on ne perd pas de vue la complexité que recouvre la notion d’individualisation, comme l’a bien résumé la Conférence de consensus.

A trop centrer sur l’apprenant, la grille peut nous amener à négliger le fait que les besoins individuels sont en interaction avec des besoins plus collectifs. Ce qui va assurer l’ouverture d’un dispositif, c’est la négociation entre les différents acteurs de la formation, l’idéal étant d’y associer l’apprenant le plus en amont possible. De même, il faudrait se demander si les “personnes-ressources”, notamment les tuteurs, sont formées aux changements sur la relation pédagogique que cette ouverture induit.

De plus, ce n’est pas seulement “en laissant”, “en permettant”, que l’on parvient à ouvrir un dispositif, c’est surtout en accompagnant au moment de faire des choix . Laisser l’apprenant se débrouiller face à une liste de modules est-il un gage de qualité ? Sans doute faudrait-il ajouter dans la grille une colonne “trop grand” ? ;-)

Enfin, l’individualisation est un processus dynamique et le degré d’ouverture peut varier considérablement au cours de la formation. Que l’on pense notamment aux modalités d’évaluation. Donner une plus grande maîtrise à l’apprenant est recommandé au cours de son apprentissage, mais où sera le degré d’ouverture dans l’ évaluation finale d’une formation diplômante ?

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3 réponses à “FAD ou FOAD ?”
  1. Coucou,
    Juste une petite chose, ne pas dire FOAD à un anglophone… L’acronyme n’est pas terrible ;)

    Fuck Of And Die… Mais bon, c’est classe :p

  2. … et Open and Distant Learning, ça donne en forçant un peu “Ouverture De L’esprit” :-)

    En parcourant ton blog, j’ai vu que tu as une spécialisation en e-learning. Tu es sur quel projet en ce moment ?

  3. Oh, désolé de ne pas avoir répondu plutôt, mais je n’avais pas compris que le message était pour moi :p

    Pour le coups du Fuck Off And Die c’est du vécu (d’un collègue).
    Sinon, sans refaire mon cv, je travail chez - hémisphère - rachetée depuis un ans par ITS Group - une SSII orienté infrastructure.
    L’agence lyonnaise où je travail a un passif formation - photoshop / bureautique - et réalisation de ressource pédagogique E-learning.
    L’équipe autours de moi a une envie : prendre une place dans ce beau petit monde qu’est le Elearning.

    Là c’était le petit speach “entreprise” :p
    Plus personnellement, je n’ai pas une grand expérience au niveau du Elearning, seulement quelques projets et une année d’expérience en tend que concepteur d’application.
    Mais malgré mon manque d’expérience, je me suis beaucoup investis dans ce domaine, et j’ai trouvé qu’il avait beaucoup de lacunes, aussi bien au niveau des applications que des ressources pédagogiques.

    Le support qu’est le Elearning devient de plus en plus répandu, mais n’est pas encore optimisé.
    Dernièrement, j’ai entendu l’interview d’un dirigeant “e-doceo” qui parlait de l’apparition des diaporamas et des retro-projecteur.
    Cela pour dire que l’on est encore dans l’ère de la découverte de l’outil, on l’utilise de plus en plus, mais beaucoup de chose sont encore à faire. Et je suis persuadé qu’il a raison.

    Pour finir, mon envie du moment c’est de participer à des événements en rapport avec le Elearning, conférences, débats ou salons. Pour avoir une vision plus global que je ne l’ai actuellement, et ensuite - pourquoi pas - participer à ces événements.
    Là on jette les dès, on verra bien où ils iront.

    PS : http://www.urbandictionary.com/define.php?term=Fuck+off+and+die

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